Un bilan sanguin de routine affiche des transaminases SGPT (ou ALAT) au-dessus de la norme. Le médecin évoque une possible stéatose hépatique. Entre le résultat sur la feuille de laboratoire et la réalité de ce qui se passe dans le foie, la distance est parfois difficile à évaluer pour le patient. Les transaminases SGPT constituent pourtant un signal précoce, et la façon dont on y répond dans les semaines qui suivent peut changer la trajectoire de la maladie.
SGPT élevées et stéatose : ce que le rapport ALAT/ASAT raconte vraiment
Les concurrents expliquent longuement ce que sont les transaminases. Le point qui manque souvent, c’est la lecture croisée des deux marqueurs. Les SGPT (ALAT) prédominent dans le tissu hépatique, tandis que les ASAT se retrouvent aussi dans le muscle cardiaque et les muscles squelettiques.
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Quand les ALAT dépassent les ASAT, le signal pointe vers une atteinte hépatique d’origine métabolique, ce qui correspond au profil typique de la stéatose. En revanche, quand les ASAT dominent, d’autres pistes se posent : consommation d’alcool chronique, atteinte musculaire, ou fibrose avancée du foie.
Ce ratio n’est pas un diagnostic en soi. Il oriente la suite du bilan. Un médecin qui voit des ALAT modérément élevées (moins de trois fois la normale) avec des ASAT plus basses va souvent suspecter une stéatose liée au syndrome métabolique avant de chercher d’autres causes.
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MASLD et MASH : la nouvelle nomenclature de la stéatose hépatique
La terminologie a évolué. Ce qu’on appelait « stéatose hépatique non alcoolique » (NAFLD) est progressivement remplacé par le terme MASLD, pour maladie stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique. Quand une inflammation s’ajoute à l’accumulation de graisse dans le foie, on parle de MASH (anciennement NASH).
Ce changement de vocabulaire n’est pas cosmétique. Il reflète un recentrage sur les facteurs métaboliques (surpoids, diabète de type 2, dyslipidémie) plutôt que sur la seule exclusion de l’alcool. En pratique, cela signifie qu’un patient dont les transaminases SGPT sont élevées et qui présente un ou plusieurs critères métaboliques entre directement dans le cadre de la MASLD, sans qu’il soit nécessaire de prouver l’absence totale de consommation d’alcool.
Les résultats de recherche Google restent encore très centrés sur les anciens termes. Un patient qui cherche des informations sur sa stéatose hépatique gagne à connaître cette mise à jour pour mieux comprendre les comptes-rendus médicaux récents.
Dépistage du risque de fibrose : FIB-4 et FibroScan avant la biopsie
Des transaminases SGPT élevées posent une question plus urgente que la stéatose elle-même : le foie a-t-il déjà commencé à cicatriser ? La fibrose hépatique, stade intermédiaire entre la simple accumulation de graisse et la cirrhose, reste longtemps silencieuse.
Deux outils non invasifs permettent de trier les patients selon leur niveau de risque :
- Le score FIB-4, calculé à partir de l’âge, du taux de plaquettes et des valeurs d’ASAT et d’ALAT. Il ne nécessite aucun examen supplémentaire, juste une prise de sang standard.
- Le FibroScan (élastographie impulsionnelle), qui mesure la rigidité du tissu hépatique par ultrasons. Plus le foie est rigide, plus la fibrose est avancée.
- La biopsie hépatique, qui reste la référence, mais qui n’est proposée qu’en cas de doute persistant après les examens non invasifs, en raison de son caractère plus lourd.
Cette stratégie de tri évite de soumettre tous les patients à des examens coûteux ou invasifs. Un score FIB-4 bas rassure et permet un simple suivi. Un score intermédiaire ou élevé déclenche un FibroScan, puis une orientation vers un hépatologue si nécessaire.

Transaminases SGPT élevées : la surveillance structurée plutôt que l’attente passive
Répéter le dosage « dans trois mois » sans plan précis est une approche encore fréquente. Les données disponibles orientent vers une démarche plus structurée quand les ALAT restent au-dessus de la normale.
Première étape : confirmer et caractériser
Un contrôle rapide (quelques semaines plutôt que plusieurs mois) permet de distinguer une élévation transitoire, souvent liée à un médicament, un excès alimentaire ponctuel ou un effort physique intense, d’une anomalie persistante. Si les SGPT restent élevées au second dosage, le bilan s’élargit : sérologies d’hépatite B et C, ferritine, glycémie à jeun, bilan lipidique.
Deuxième étape : imagerie hépatique
Une échographie abdominale suffit en première intention pour visualiser une stéatose. Elle ne quantifie pas précisément le degré de fibrose, d’où l’intérêt du FibroScan en complément si le contexte métabolique est présent.
Troisième étape : agir sur les leviers modifiables
La stéatose hépatique de type MASLD ne dispose pas encore de traitement médicamenteux spécifique largement validé. La perte de poids reste le levier le plus documenté pour faire reculer la stéatose. Une réduction même modeste du poids corporel entraîne fréquemment une baisse des transaminases et une amélioration de l’aspect du foie à l’imagerie.
Les ajustements portent aussi sur la réduction de la consommation d’alcool (même chez les patients dont la cause principale est métabolique), la révision des médicaments hépatotoxiques avec le médecin traitant, et l’activité physique régulière.
Signes d’alerte imposant une consultation sans délai
La plupart des stéatoses restent asymptomatiques pendant des années. Certains signaux doivent cependant déclencher une consultation rapide, car ils peuvent indiquer une atteinte hépatique sévère ou une autre cause nécessitant un traitement urgent :
- Jaunisse (coloration jaune de la peau ou des yeux)
- Confusion ou somnolence marquée inhabituelle
- Vomissements persistants, surtout s’ils contiennent du sang
- Douleur abdominale intense dans le quadrant supérieur droit
- Élévation des transaminases supérieure à dix fois la normale, qui oriente vers une hépatite aiguë plutôt qu’une simple stéatose
Ces situations ne relèvent plus de la surveillance programmée mais d’une évaluation médicale urgente, souvent hospitalière.
Un taux de transaminases SGPT modérément élevé sur un bilan de routine n’est ni anodin ni catastrophique. Ce qui compte, c’est la réponse organisée dans les semaines qui suivent : confirmation, caractérisation, évaluation de la fibrose, puis action sur les facteurs métaboliques. La stéatose hépatique détectée tôt, avant le stade de fibrose significative, reste une maladie réversible dans la majorité des cas.

