La statistique ne laisse pas de place à l’improvisation : moins de 2 % des grossesses nécessitent un cerclage utérin, et chaque décision s’appuie sur un faisceau d’éléments cliniques discutés au cas par cas. Derrière ce geste chirurgical, il y a le poids de l’expérience médicale, du vécu de la patiente, et un protocole rigoureux qui ne tolère aucun écart.
Le cerclage pendant la grossesse : indications, objectifs et choix de la technique
Le cerclage du col de l’utérus intervient face à une menace précise : l’insuffisance cervicale. Lorsque le col de l’utérus se modifie trop tôt, raccourcissement, dilatation,, le risque de fausse couche tardive ou d’accouchement prématuré devient réel pour la femme enceinte. Les candidates à ce geste ? Celles qui présentent une béance cervicale, un col court détecté à l’échographie ou qui ont déjà vécu plusieurs fausses couches avancées.
Trois situations guident le recours au cerclage :
- Cerclage prophylactique : proposé entre la 13e et la 16e semaine pour les grossesses à très haut risque, il permet d’obtenir dans la grande majorité des cas une poursuite stable de la grossesse.
- Cerclage thérapeutique : mis en place entre la 16e et la 24e semaine si l’échographie montre que le col commence à s’ouvrir ou à s’amincir.
- Cerclage d’urgence : réservé aux situations où la dilatation est déjà significative ; le pronostic, ici, dépend de nombreux facteurs et reste moins favorable.
Quant à la technique, deux approches sont privilégiées. La majorité des patientes bénéficient d’un cerclage transvaginal, une méthode fiable et relativement peu invasive. Dans certains cas particuliers, par exemple quand l’anatomie de l’utérus pose problème, le cerclage transabdominal peut être choisi. Le professionnel opte généralement entre la technique de Mac Donald (fil solide non résorbable) et celle de Shirodkar (bandelette), en s’appuyant sur l’échographie pour guider le geste. L’expérience du gynécologue, les antécédents et la morphologie de la patiente pèsent lourd dans la décision.
Déroulement de l’intervention et premières heures après le cerclage : à quoi s’attendre concrètement ?
L’intervention elle-même se déroule toujours dans un service hospitalier. Programmée le plus souvent entre la 12e et la 24e semaine de grossesse, elle nécessite une anesthésie adaptée : rachianesthésie ou anesthésie générale, en fonction du dossier médical et des particularités de chaque grossesse. Après une préparation minutieuse, le gynécologue place une suture solide autour du col de l’utérus, par voie vaginale dans la plupart des cas. L’échographie peut accompagner le geste pour s’assurer de la bonne épaisseur du col et du positionnement optimal de la suture.
Dans les heures qui suivent, la surveillance se resserre autour de plusieurs points :
- Surveillance de la température et des signes d’infection
- Vérification de l’absence de contractions utérines ou de saignements
- Administration éventuelle d’un traitement antibiotique préventif
- Prescription de médicaments tocolytiques en cas de contractions
La patiente est encouragée à limiter les efforts : déplacements réduits, pas de port de charges, repos en tête. L’équipe médicale insiste sur l’écoute du corps, pour repérer rapidement tout symptôme inhabituel.
Généralement, le retour à la maison s’organise dans les 24 à 48 heures, à condition que l’état général et les paramètres soient rassurants. Ensuite, le suivi médical se densifie : contrôles réguliers du col par échographie, vérification de la température, surveillance du bien-être du bébé. Même si elles restent rares, des complications immédiates sont possibles : infection, rupture prématurée des membranes ou hémorragie. À la moindre fièvre, perte inhabituelle ou douleur qui s’installe, il est impératif de prévenir rapidement l’équipe médicale. Parce qu’ici, la vigilance ne prend jamais de pause.


